Écrit par Baptiste Adrien

La veille technique

Apprendre à apprendre

Publié le

Comptez jusqu’à 60 : au terme de ce décompte, 570 sites internet auront vu le jour, 100 000 missives de 140 caractères se seront envolées et 48 heures de vidéos auront été publiées sur YouTube. Internet est un océan d’informations.

En tant que développeurs, nous sommes les premiers à bénéficier de ces ressources en ligne, la plupart d’entre nous ayant commencé de manière autodidacte et ce, grâce à des guides, de la documentation ou des articles de blogs. Notre domaine est particulièrement propice aux ressources qu’offre Internet. Il est aujourd’hui facile, avec un peu de volonté, d’apprendre un langage de programmation ou d’approfondir des concepts.

Paradoxalement, notre métier est compliqué et ce à cause des mêmes raisons citées précédemment. Internet évolue rapidement, les technologies sur lesquelles il repose sont en mouvement perpétuel. Un développeur Web fait face quotidiennement à un flot d’informations relatif à son activité : nouvelles librairies, nouveaux frameworks, nouvelles méthodes. Chaque jour sur Github, 140 Go de données sont ajoutés, 25 000 dépôts sont créés et 7 000 Pull Requests sont envoyées. Face à ce torrent de données, le développeur doit s’organiser afin de collecter et assimiler une information pertinente. C’est ce qu’on appelle la veille technique.

Pourquoi faire de la veille ?

Les technos vont vite, très vite. En général, la courbe d’apprentissage d’un développeur au cours de sa carrière ressemble à celle de Gauss. Un départ en trombe, jeune et fringant, il apprend avec appétit, puis petit à petit, la motivation peut redescendre, il devient alors difficile de sortir de sa zone de confort. Au début, la veille technique est implicite, nous apprenons, testons des outils jusqu’au jour où ce travail devient plus laborieux, c’est là qu’apparaît devant nous ce concept monolithe : la veille technique.

Monolithe

Celle-ci peut être chronophage et rébarbative et vue comme une contrainte. Chronophage, oui elle l’est. Il est nécessaire d’avoir du temps pour la faire mais tout le monde n’en dispose pas forcément sur sa vie personnelle. Il est alors important que celle-ci soit intégrée dans le quotidien de l’entreprise. Laisser du temps à ses employés de s’éveiller c’est s’assurer une montée en compétences (si l’activité de veille ne s’égare pas trop sur Reddit :)). Il s’agit plus de se tenir informé des nouvelles techno que de les tester une par une : nous n’avons pas le temps. Le plus important c’est d’avoir des retours de pairs sur celles-ci et de les connaître pour pouvoir les utiliser à bon escient dans de nouveaux projets.

Où et comment faire sa veille technique ?

Les sources

Les livres

Même s’il devient de plus en plus rare d’acheter des livres techniques, ils peuvent parfois être un bon moyen d’apprendre sans le bruit d’internet et la procrastination qui s’y rattache … Vous pouvez également avoir une utilisation hybride internet/livres avec une liseuse électronique comme la Kindle. Des outils permettent de synchroniser vos flux RSS sur cette dernière, permettant une lecture hors-ligne dans les transports en commun, par exemple.

[PUB] Si vous voulez faire de la veille sur la dette technique, nous vous conseillons vivement de lire le livre de notre collègue Bastien (écrire un livre est par ailleurs un très bon moyen de faire de la veille ;)).

Twitter

Le réseau social Twitter est une mine d’or pour effectuer sa veille technique. Encore faut-il savoir sélectionner les bons comptes à suivre. Il est important de privilégier une timeline plus qualitative que quantitative et éviter au maximum le bruit de comptes trop prolixes. Une sur-information vous désengagera de votre activité de veille. Une timeline de travail s’affûte au fil des mois.

Une fonctionnalité peu connue est celle des listes Twitter qui est un bon moyen de créer des fils thématiques et catégoriser sa veille.

Blog

La source la plus traditionnelle : celle des blogs. Souvent les liens des tweets redirigent vers des articles de blogs techniques. N’hésitez pas à regarder les autres articles et juger de la pertinence de ce blog. Suivre les blogs des sociétés & éditeurs IT (Elasticsearch, Docker, Sensiolabs…) permet également d’être au fait des dernières releases/features.

Sites de partage de liens

Sous ce nom à rallonge, se cache les sites tels que Hacker News ou Reddit. Ces sites remontent des liens qui sont notés par les internautes. Ils ont pour principal avantage de mettre rapidement en avant des sujets qui « buzz ».

Github

Surveiller les tendances Github permet de découvrir de nouveaux outils. Vous pouvez également vous abonner aux divers notifications des dépôts Github afin d’être informer rapidement des évolutions. Vous pouvez également suivre des personnes que vous jugez pertinentes ainsi que leurs listes de favoris (star).

Slides/Vidéos

Ce medium est plus orienté pour la veille de conférences. Si vous n’avez pas la chance d’assister ou bien simplement raté certaines conférences, une séance de rattrapage est souvent possible. La plupart des conférences mettent à disposition les vidéos des talks ainsi que les slides. N’hésitez pas à aller voir sur joind.in afin de voir quel talk mérite le détour.

En vous rendant sur les sites comme Speaker Deck, vous pouvez aussi découvrir de bons supports techniques en utilisant la recherche par tags.

Les outils

La veille est chronophage et demande donc un minimum d’organisation. La méthode la plus triviale est d’ouvrir un onglet pour chaque article. Mais des outils en ligne permettent une meilleure organisation.

Les flux RSS

Cette méthode a fait ses preuves combinée à un agrégateur RSS. Depuis notre regretté Google Reader, l’alternative Feedly s’est imposée comme outil de référence. Il permet de suivre facilement l’ensemble de ses sources (blogs principalement). Panda est également un bon agrégateur de contenus basé sur les flux RSS.

Les bookmarks

Au début nous avions la méthode 1998 : ajouter en favoris dans des dossiers votre veille. Cette méthode reste assez laborieuse (difficile à partager, rechercher, organiser …). C’est pourquoi de nombreux sites de bookmarks existent aujourd’hui améliorant l’expérience grâces à des bookmarklets / extensions :

La plus complet reste Pocket qui fournit une application mobile avec une synchronisation hors ligne permettant la veille dans des contrées reculées.

Baywatch : vers une veille technique sociale

Baywatch

Les outils cités précédemment ont été pensés pour une utilisation plus individuelle que collective. Il est difficile de suivre la veille d’une personne ou d’un groupe de personnes.

Chez JoliCode, nous disposons de temps pour effectuer notre veille, chacun dispose de ses sources préférées et a sa manière de faire. Le cloisonnement de la veille de chacun est un gâchis et devrait être plus facilement accessible, c’est pourquoi nous avons développé une application Web – Baywatch – permettant de partager notre veille au sein de l’entreprise. L’application apporte son lot de fonctionnalités :

L’archivage des ressources

Les ressources misent à disposition sur Internet ont une durée de vie limitée. Trop souvent une page bookmarkée et consultée quelques mois plus tard débouche sur une erreur 404. Baywatch extrait et archive le contenu des pages afin de le rendre disponible et consultable à n’importe quel moment. Il récupère également les médias liés aux pages comme les vidéos (YouTube, Dailymotion, Vimeo …), les slides ou fichiers audio (SoundCloud) afin de garantir leurs accès de façon pérenne.

Une recherche performante

L’activité de veille débouche sur des dizaines de liens par jour. Souvent un lien est sauvegardé pour plus tard, ou l’on sait qu’il peut avoir une utilité dans un projet futur. Il est important d’offrir une recherche performante afin de remonter intuitivement les liens que l’on recherche. La recherche full-text permet de remonter les résultats de manière rapide et pertinente.

Une synchronisation des sources

Baywatch n’est pas un énième outil semblable à Delicious ou Pocket mais vient en complément. Chaque personne dispose de ses outils préférés pour son activité de veille, c’est pourquoi Baywatch propose de nombreuses intégrations et permet d’importer au fil de l’eau la veille de chacun grâce au support de nombreux services :

  • Delicious
  • Readability
  • Pocket
  • Instapaper
  • Diigo
  • Github

Ainsi Baywatch agrège l’ensemble de la veille d’une organisation et la rend centrale. L’outil donne tout de même accès à des extensions pour ajouter des liens directement.

Classification de la veille

Grâce à un système de groupe, le contenu de la veille peut-être facilement catégorisé afin de la rendre plus accessible. Chaque utilisateur peut suivre ou non un groupe si le contenu l’intéresse.

Le mot de la fin

L’activité de veille est primordiale, chez JoliCode nous y attachons beaucoup d’importance. Aujourd’hui nous mettons à disposition notre outil de veille Baywatch. Nous l’utilisons depuis maintenant plus de deux ans et sommes impatients que vous l’utilisiez aussi. L’outil reste en version beta et est accessible via invitations. Si votre entreprise est, comme nous, soucieuse de sa veille technique, n’hésitez pas à nous faire signe et nous remonter vos avis sur l’outil :)

Nous publierons prochainement un article plus détaillé sur Baywatch via le blog de JoliCode.

En attendant, faites votre veille !

La veille avec David